Les voilà en rafales tous ces mots, toutes ces images…
Le voici simplement le récit de son dernier voyage.
Qui l’eût cru? Une forteresse qui s’écroule à toute vitesse.
Depuis longtemps, elle était penchée comme la tour
Puis elle est tombée et ce fut sans retour
Hospitalisée parce qu’elle avait chuté,
Le cancer, entré par infraction, s’est imposé.
En une seule bouchée,
Tel un ogre affamé,
Sa vie il a engouffré.
Il y eut cette journée…
Cette journée auprès des gens qu’elle a tant aimés…
Il y eut ce jour,
Ce jour où chacun est venu lui redire tout son amour.
Il y eut ces quelques heures bénies;
Ces quelques heures qui nous rappelaient que son histoire était presque finie…
Il y eut ce moment de grâce offert en toute bonté,
Ce moment de grâce ou Dieu lui a montré sa générosité.
“Merci mille fois” qu’elle m’a dit,
“Merci pour tout ce que tu as fait et pour tout ce que tu feras”
C’est ce qu’elle m’a murmuré à l’oreille cette femme qui m’a donné la vie.
“Mais que feras quand je ne serai plus là? Que feras-tu sans moi?”
Un soir dans son lit,
Toutes deux enlacées
Dans un petit moment d’infini
Elle m’a confié qu’elle était fatiguée de respirer…
“Ça fait des années que je suis fatiguée”
Pauvre petite maman, tu as tant donné!
Elle était prête à nous quitter
En paix, toutes choses pardonnées,
Son père et la Petite Thérèse devait venir la chercher
Les plans en place, toutes choses dites, l’heure allait bientôt arriver.
Ses enfants, ses petits-enfants, ses amis, ses frères et soeurs ainsi que sa maman;
Tous se sont succédé à son chevet pour faire le plein ne serait-ce qu’un instant.
Dans le silence assourdissant des vagues de sa respiration, je l’ai regardé dormir.
Dans le bruit sourd de sa respiration agonisante, je l’ai vu partir.
Un soir que mon mari l’a visité
Elle en a profité pour lui rappeler qu’au mariage elle ne m’avait que prêtée
Mais que maintenant, j’étais sa responsabilité.
Le voilà bien embêté.
Sa dernière soirée, comme sa vie
Fut parsemé de douleur, de douceur et de folie.
Un café glacé et quelques pâtisseries bien sucrées
On fait office de dernier souper.
Quelques mots prononcés sans flafla ni promesse:
“Pauline lève tes fesses!”
Les derniers d’une mère à sa fille…
Que dire sinon que cela représente bien notre famille!
Quand tout fut fait, que tout fut dit
Quand dans la noirceur de cette vie
Nous attendions la fin d’ère, d’une personne
Nous étions impuissants attendant que le glas sonne.
“La perte d’une mère est le premier chagrin que l’on aura à vivre sans elle”
C’est bien vrai… Elles sont coupées mes ailes…
Elles s’étaient déjà éplumées
En la regardant elle s’effriter.
Auprès d’elle, sa mère de sa voix la berçant
Et ses enfants silencieux et impuissants
Jusqu’au bout avec elle,
Jamais je n’avais vécu rien de tel
Puis, le temps s’est arrêté, elle ne respirait plus
Il est fini ton combat maman, désormais tu ne souffriras plus
“Elle est partie” que j’ai écrit
Et au moment de la sonnerie
Elle s’est envolée avec les oiseaux
Saluer son monde de là-haut
Beaucoup d’autres au revoir ont suivi…
Au revoir à sa voix, à sa chaleur, à son rire si joli
Au revoir à son visage, à ses bras et tout ce qui s’y trouvait
Au revoir à sa maison ou entourée de toi j’habitais
Au revoir à ma mère, mon amie, ma confidente
Au revoir, maman, je ne sais toujours pas ce que je ferai sans toi
Mais j’ose resté confidante
Je ne sais ni comment ni pourquoi
Tout ce qu’il me reste à dire c’est que je t’aimerai toujours